De toute manière, je ne me revois plus écrire ici. Ils ont réussi à me déstabiliser dans les domaines que je pensais maintriser au mieux. Tous les jours dans cette ville, j'ai comme une boule de fer qui me rape l'estomac rien qu'à l'idée d'y retourner passer une journée. Je n'arrive plus à avaler quoi que ce soit, je retrouve les mêmes émotions qu'à mes seize ans et cela me fait peur. Dire qu'il y a un an, je ralais contre ce bac que je pensais loin, contre ces cours de philo, contre mon imagination qui m'avait soi-disant quitté. J'étais en plein syndrôme rimbaldien : je n'étais pas sérieuse, j'étais une petite conne de dix-sept ans.
Aujourd'hui c'est bien terminé. Une part de déception melée à la mélancolie. Je n'arrive plus à écrire. Cela devient même une torture. Torturée parce que l'on ne peut plus sortir sur le papier les mots qui traduiraient notre pensée. Comme si j'étais à l'école devant une copie blanche. A quatorze ans j'avais composé un poème de vingt-cinq strophes avec tout le gratin littéraire (nombre exact de pieds, rimes parfaites...) en six heures. Aujourd'hui je mets plus d'une semaine pour trois strophes qui ne riment même pas comme je le désirerai. Désillusion sur tout et n'importe quoi. Je n'ai même plus une faim intense de tout comme quand j'étais heureuse. Mon appareil-photo est déchargée depuis une semaine et les lectures de Rimbaud et Baudelaire ont laissé place à des livres d'Epictète pour les cours de culture générale. Tout me manque, je ne retrouve rien de familier dans cette nouvelle vie et ville. Aller à une borne SNCF pour acheter mon billet qui me ramenera sur Poitiers un vendredi soir est déjà une évasion. Tout me fait peur. Alors oui j'ai récolté ce que je cherchais, ils avaient beau me dire que je n'y arriverai pas, comme d'habitude j'ai voulu leur prouver le contraire et je me suis plantée. Je me suis cognée contre la réalité, en pleine gueule. Et maintenant j'ai peur.
>> Suite à des commentaires extrêmement gentils (merciii) qui me demande de continuer mon blog, je vous donne rendez-vous ici. Excusez moi de vous faire naviguer à droite et à gauche :)



